Principes et Amertume, de Ouarda Baziz Cherifi; Histoire d’une confession intime

Principes et Amertumes » , de Ouarda Baziz Cherifi. Le roman relate une histoire sociétale où se confondent des us et coutumes de la famille conservatrice des années 80 et les rendez- vous manqués de l’ héroïne Radia, avec ses rêves et ses ambitions. « Principes et Amertumes » est un nouveau roman de l’écrivaine et poétesse Ouarda Baziz Cherifi paru récemment aux Editions El-amel , présenté et signé au SILA 2017, nous informe son auteure qui le résume pour nous, comme suit. «Les rêves changent notre vision du monde. Ils le rendent plus accessible quand il ressemble à un mirage fuyant. Ils ramènent les sourires quand la peur, la tristesse, la colère, le mépris les ont dévastés.

Les rêves nous font rêver, nous drainent et nous motivent à croire à l’existence de la magie à aller la chercher. Nul ne peut toucher les étoiles du ciel mais le rêveur peut y arriver par ses rêvasseries. Les rêves de la jeunesse sont les plus forts et les plus beaux car ils engendrent la fureur de vivre et de vaincre tous les obstacles pour parvenir à les réaliser. Malheureux est celui qui n’a jamais rêvé car il a sombré dans la monotonie et la morosité de son monde, sans cette gaieté et cette lumière que seuls, les rêves pouvaient lui donner. Les rêves sont comme le soleil qui brille pour tout le monde mais qui brille plus fort pour ceux qui ont le temps de le contempler. Seul, le rêveur peut vivre cette magie. Radia, qui etait une grande réveuse dans sa jeunesse , ŕévait justement de toutes ces choses qu’elle désirait. Mais, elle eut la malchance de vivre dans le monde où il était interdit et banni de rêver.

Tel un tabou honteux et pesant, elle continuera de rêver, en silence, loin des regards, en prenant soin de ne pas heurter les esprits dormants et fermés aux rêves. Un jour, avec la marche du temps elle fera de ses rêves déchus, des souvenirs qu’elle cherchera à partager. Les partager pour les faire surgir de sa mémoire et leur payer un petit voyage dans le réel». Telle est l’histoire de Radia, relatée par l’écrivaine dans ce nouveau roman qui a été préfacé par le poète Arezki Annaris . ‘’Principes et amertumes’’ est donc un récit d’ épisodes vécus, à laquelle Ouarda Baziz Cherifi a donné une âme littéraire mélangée à un air poétique, comme le chemine le style même de l’ auteure.

Cette enseignante d’Anglais en retraite, originaire d’Azazga, n’en est pas à son premier roman. Elle est aussi l’ auteure de deux recueils de poésie libre et d’ un roman intitulé « Amour de guerre », édités par les éditions Edilivres, en France. L’ écrivaine a aussi participé à plusieurs manifestations internationales litteraires et anthologies, dont ‘’plume… liberté… paix’’, en hommage à Gaza, étant membre du salon international de la francophonie des poètes engagés pour la paix. Ouarda BazizCherifi est aussi une conteuse .Elle écrit ses propres histoires à moralité telles que  » la Gifle », « Pour l’ amour de l’ amitié » et  » La riche, la voleuse et l’ amie ». Armée d’ idées et projets , l’ auteure est sur le point de publier ses nouveaux recueils de poésie. Affaire à suivre.

 

 

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Rencontre avec Ouarda Baziz Cherifi, auteur de « Recueil de poèmes libres – Tome 1 et 2 »

Présentez-nous votre ouvrage ?
Mes deux recueils comportent des textes personnels, qui parlent de mes joies, de mes douleurs, de mes colères, de mes rêves, de la femme que je suis et de celle qui me ressemble.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
J’ai toujours eu cette passion d’écrire des quatrains, des textes libres, pendant mes moments de solitudes ou d’évasion, loin des regards car j’étais dans une tribu peu accessible, peu compréhensive et écrire à l’époque était tout simplement tabou. Les années sont passées, me ridant sans que ma folle passion ne se ride.Mes enfants sont arrivés et en grandissant, ils ont lu des textes que je laissés au fond des tiroirs et puis un jour ils m’ont encouragés à les publier. Ainsi j’ai eu le déclic et voilà !

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
À tout le monde en général. Aux femmes libres ou soumises. Aux hommes incultes ou savants. Aux enfants heureux ou exploités. Aux mamans disparues ou vivantes. Aux faiseurs de guerres. Aux partisans de la paix.
Beaucoup de femmes m’écrivent tous les jours pour me dire qu’elles se retrouvent dans mes textes. Donc je leur consacre un peu plus de textes étant moi même une femme !

D’où vous vient cette passion pour la poésie ?
Comme je l’ai dit précédemment, ma passion a vu le jour à mon adolescence, aux premières années du lycée.
Mais, il est évident de signaler que ma mère est une poétesse Kabyle qui m’ a toujours récité ses propres textes, sur divers sujets et je l’écoutais, attentivement, respectueusement sans en perdre une miette de sa passion. Passion commune je crois !

Vous mettez vos sentiments les plus profonds à nu dans ce recueil, n’est-ce pas gênant que d’autres lisent cela ?
Plus maintenant. Car, avec l’âge, j’ai surmonté les tabous et aujourd’hui, je signe mes pensées et j’écris sous mon propre nom.
J’écris en premier pour moi, pour me libérer de mes maux, pour rebondir et m’entendre dire mes états d’âme.
Je n’ai pas peur peur de dire mes différences car je les assume et je suis différente. Je trouve aussi une certaine aisance à le faire car beaucoup de mes lecteurs ont vécu des histoires, des épisodes similaires alors que d’autres comprennent et respectent !

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Que la poésie est non seulement une passion mais une amie qui nous tient la main quand les autres nous ont lâchés.
Que derrière ma forte corpulence et mon agressivité, il y a une âme sensible, fragile, singulière, aimante et clémente.
Que mes mots sont mes autres enfants, mes autres frères et sœurs.
Mes vrais amis!

Où puisez-vous votre inspiration ?
Dans mon quotidien, dans mes humeurs. L’inspiration ne me vient pas toujours. Certaines choses, certains discours peuvent approfondir mon euphorie ou heurter ma sensibilité et je transferts tout ça dans mes écrits !
En général, j’écris quand je suis profondément triste, contrariée et que je sens l’incompréhension chez les autres. Alors, je me crée une « récréation », une issue de sortie, une sorte de monologue poétique grâce justement à cette inspiration !

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je suis dans l’attente d’un livre qui ne saurait tarder. Intitulé « Amour de guerre », toujours édité par Edilivres.
J’ai aussi un énorme projet: un roman intitulé « Principes et Amertumes » que j’ai écris il y a dix ans et que je vais enfin confier à un Éditeur. C’est l’histoire d’une Algérienne Kabyle des années 80, partagée entre son désir de s’émanciper et son devoir forcé de vivre pour les autres, dans une société rétrograde. En parallèle, j’ai des recueils, six en tout intitulés « mots et quatrains ». Histoire à suivre !

Un dernier mot pour les lecteurs?
J’ai besoin d’eux, de leur soutien de leurs commentaires, de leur fidélité. Je leur demanderai de m’aider à faire sortir mes écrits de l’ombre et d’acheter mes recueils auprès d’Edilivre. Je leur dirai tous mes mots, mes pensées et mes respects. Merci à eux et à vous!

source


Poésies

POÈME : MAUDIT MAUVAIS CHOIX.

Debout, devant ses pensées
Qui sont là, comme des jurés
Aux assises de son procès,
Une femme murée.

Murée dans son silence prononcé,
Elle pleure à chaudes larmes.
Elle s’arrête un peu puis va recommencer
Son délire qui l’enflamme.

Elle soupire d’un soupir assourdissant,
La tête baissée,
Pour ne pas voir ce démon oppressant
Qui la secoue, blessée.

Elle frisonne d’un frisson puissant,
Les yeux larmoyants et rougis,
Car elle a ce mal incessant
Qui la pince et la détruit..

Elle regrette, dans l’écho de sa voix
D’avoir fait basculer sa vie,
En prenant ce maudit choix,
Qui lui vaut le mépris.

Et, elle a mal, tellement mal
D’avoir si mal agi.
Elle suffoque et râle,
Sans miracle et sans magie.

Et, devant la plaidoirie de sa conscience,
Elle se condamne, tremblante,
Pour sa soumission et son silence,
Sans conditions atténuantes.

La vie est un cadeau du ciel
Qui devient un jeu de hasard,
Dans les mains de ceux qui s’émerveillent
Devant chaque lumière et chaque écart.

La vie mérite d’être vécue
A sa juste valeur.
Que celui qui de son ivresse a bu
Reste vigilent et mesure toutes ses frayeurs.

Car la vie n’est pas qu’un ciel de lumière
Où toutes les étoiles dansent.
Elle est aussi un lot de galères
Et de mauvais choix qui nous offensent.

Aimons la vie, aimons ses clémences
Mais évitons les chemins d’errance
Qui cheminent vers un lac de pleurs
Et de remords qui procurent de froides sueurs.

Ouarda Baziz Cherifi (tous droits réservés)