La poésie de Faiza Acitani est avant tout une poésie sensuelle et humaniste ornée par un cri existentialiste déchirant. Sa poésie reflète tout le mouvement de désespoir de Dostoïevski devant le silence de l’univers et du divin. Le cri est toute fois mesuré, digne et pudique. Un cri tendre et touchant, mais sans la langueur qui mortifie, irrite, et ennuie.

Pour comprendre la pensée existentialiste de Faiza Acitani, il faut lire ses deux autres recueils de poésies: Élans et nos entre-vague.

La grandeur d’un écrivain se trouve dans la grandeur de son style et Faiza Acitani s’est maintenant faite un style propre à elle où elle innove entre plusieurs courants de romanticisme, naturalisme et existentialisme. Le romanticisme de l’amour des sens, le naturalisme des océans et des cieux et l’existentialisme sur le sens de la vie et de la mort. Faiza Acitani ne reproduit pas ces mouvements, elles les renouvellent avec cette touche propre à la magie de l’orient ; sens dans le recueillement, le détachement et la fusion entre le sujet et l’objet.

Avec ce nouveau recueil de poésies (Souffles de Pétale), elle confirme son style et le renouvelle dans des thèmes plus variés qui rendent hommage avec un amour digne à la beauté et l’amour de sa terre, son pays et sa  ville, Alger la Blanche, sans rentrer dans la vulgarité du fanatisme, nationalisme ou communautariste.

Algérie, Je te chanterai toujours mon pays,
Et vanterai ta beauté qui éblouit
Sous ton soleil doux qui luit
Et la fraîcheur de tes nuits !

Alger, Ville digne et fière,
Se dressant altière,
Dans toute sa blancheur
Dans toute sa splendeur,

Elle reprend aussi la flamme de la femme humaine et humaniste sans sombrer dans le féminisme béat. Elle reprend ensuite ses thèmes favoris, romance avec un délire, naturalisme avec un mysticisme fusionnel et existentialisme avec une fluctuation entre espoir et désespoir.

Détrompe-toi !
Elle est humaine et femme
Qui ne veut plus de larmes !
Elle refuse d’être un plaisir,
Un simple objet à tes délires !

Je pense que beaucoup de lectures profondes académiques sont nécessaires de l’œuvre de Faiza car on n’est plus devant des poésies juste pour le paraitre, mais des cris humanistes profonds à décrypter aussi profonds que le spleen de Baudelaire

A. Benmohammed