Mariam

Mariam était une informaticienne  de 24 ans en Algérie . Son fiancé était ingénieur électronicien en France. Mariam souhaitait se marier mais se reconvertir dans le marketing et en fit part à son prétendant.

Celui ci comme la plupart des ingénieurs algériens de sa génération ne jurait que par l informatique, par envie et par admiration. Il ne comprenait pas que Mariam ne veuille pas poursuivre dans cette fois et faire carrière. Il l’avait choisie un peu pour ca : son profil professionnel… Il essaya de la convaincre . En vain. Mariam jouant sa vie et son avenir campa sur ses positions. Elle avait encore le droit de choisir son métier pensait-elle , son avenir professionnel, décider elle même de sa vie active, en fonction des ses goûts et ses ambitions, son épanouissement. Ils se séparèrent, le fiancé ne comprenant pas la logique d’ une réorientation professionnelle pour un meilleur choix, plus compatible avec sa vision de la vie et de la famille chez la femme. Il épousa une ingénieure en biologie alimentaire qui travaillait dans une maternité! Une fois en France, elle devint femme au foyer et se consacra à l’éducation de ses enfants.

Zineb

Zineb est une licenciée en droit de 30 ans en Algérie qui travaille comme déléguée médicale pour un laboratoire étranger . Son mari est un chômeur de 45 ans , naturalisé en France.

Arrivée en France, Zineb n’avait pas d’autres choix que de travailler . Elle tenta de retrouver une place chez le laboratoire qui l’ employait à Alger sans succès. Elle finit par prendre n’importe quel un job alimentaire qui leur permettrait de vivre et payer les factures. Le mari de Zineb  l’a soutenu comme il a pu , dans ses recherches d emploi mais aussi dans ses débuts , pour « prendre  » sa place et garder son travail . Zineb est en cdi- Ils ont 2 enfants aujourd’hui.

Hassina

Hassina est ingénieure . Elle a fait ces études pour accéder au désir de ses parents . Elle n aime pas ce qu’elle fait . Rêve de philosophie ou d’interprétariat. Elle épouse Hakim , un ami étudiant .Hakim réussit brillamment une carrière d’ingénieur dans une grosse entreprise. Hassina veut refaire une autre formation en langues ou un doctorat en philo.

Son mari refuse. il a épousé une ingénieure. Il veut qu’elle travaille comme ingénieure.

Hassina s’essaie et se rate . Démissionne avant de se faire virer . Puis divorce après des années de vie commune et des enfants .Sans emploi.

Mariam, Zineb, Hassina: 3 femmes au destin different qui pose la problématique des études des femmes dans le monde musulman, leur intégration dans la vie professionnelle et leur incidence sur le mariage et la vie conjugale .

Si de plus en plus de femmes font des études supérieures et font carrière, il n’est pas rare que cela pose quelques problèmes au sein du couple en formation ou du mariage .

On constate d’après ces exemples, que le mari même ou plutôt surtout universitaire veut diriger les choix professionnels de sa (future) femme. Il ne comprend pas qu’elle puisse choisir de travailler dans un autre domaine que celui qu’elle a étudié. Ne lui donne pas le droit a l’erreur d orientation, se tromper de voie et avoir une seconde chance.

Ne comprend pas que même brillante , une femme, tout comme un homme , peut ne pas se plaire dans un travail pour moult raisons : le travail en soi, les collègues , le stress, etc et vouloir en changer

Ne comprend pas qu’une femme, tout comme un homme , a besoin de s’épanouir dans sa vie active , de s’y plaire , d’y avoir des aptitudes et des compétences pour  y durer.

Les maris Algériens, seraient ils trop dans l’apparence? On a épousé une femme avec un diplôme x . Elle doit donc travailler avec ce diplôme sinon rien.

y a t il un nouveau machisme dans la relation qu’entretient le mari Algérien avec la profession de sa femme ? Il veut que la diriger comme il dirige le foyer . Etre son berger y compris dans le monde de l’entreprise . Ce  qui n ‘est pas son pâturage.

La seule facon de décider de son sort professionnel et d ‘avoir le soutien du mari est elle de l entretenir et de chauffer la marmite?

Ne peut -on privilégier une vie active pour la femme et la laisser choisir cette vie , en fonction du modèle familial qu’elle veut vivre et ses penchants , ses facilités et aptitudes?

Enfin les études ont certainement amélioré la vie de beaucoup de femmes . Mais elles en ont aussi créé d’autres pour certaines .  C’est ainsi que l’on se retrouve paradoxalement parfois avec des mères universitaires au foyer et des non bachelières actives et épanouies

Yano Las