Chaomain-19 ; I. Nécessité d’un Art de la Résistance au-delà de la violence et du pacifisme

Pouvoir : Violence, Richesse, et Connaissance

« nous sommes condamnés à un processus de gestion sans fin … de la violence », Kissinger

La politique s’est réduite au pouvoir par la violence, la richesse et la connaissance qui lui permette l’art du pouvoir ; l’Art d’avoir le pourvoir, de le gérer, et de le sauvegarder. Il faut connaitre les mécanismes du pouvoir pour le neutraliser.

Violence :

L’État ne survit que de la gestion de la violence qu’il cultive lui-même. Il est aussi pervers car il qualifie sa violence comme une autorité paternelle dans la raison d’État et le bien ultime de la nation pour la sécurité de ses citoyens. 

Le pouvoir insiste sur la légitimité de son pouvoir autoritaire : il a le devoir plus que le droit de contrôler, commander et de punir !

L’État régalien s’exerce par la raison d’état qu’il va assoir comme une raison divine. Personne ne peut le remettre en cause sinon un fou ou un terroriste !

Richesse :

L’État a le privilège de la collecte des impôts qui lui assure la richesse qu’il va ensuite redistribuer à ses élites et ses supports pour renforcer son pouvoir. Il peut avec cette richesse acheter toutes les ressources cognitives de la nation.

Les ressources naturelles, les terres, les mers, et les cieux sont sa propriété à sa disponibilité gratuitement. L’État-Providence va ainsi faire la redistribution des richesses et la régulation de l’économie pour ses élites. Il va aussi acheter la paix sociale pour les défavorisés.

Connaissance

Le pouvoir est un système de connaissance qui a une grande capacité d’adaptation aux révolutions qui elles n’apprennent jamais de ses défaites. Les cultures, connaissance, sciences, et technologies sont à sa disponibilité pour la maitrise, le contrôle de la société avec ses connaissances idéologiques, psychologiques, et cybernétiques.

Le système innove en créant un système qui donne l’impression de changement par le changement de ses figures. La démocratie est ainsi une alternance du pouvoir.

La violence révolutionnaire n’a produit que des états plus virulents : dictatures, génocides, guerres civiles, coups d’État, obscurantismes, humiliations, et plus de destructions de l’humain, de l’humanité et de la nature.

Le pouvoir a trois défis perpétuels à dépasser :

– la gestion du chaos : il doit gérer des institutions de pouvoir à  toutes les échelles de la société avec des lois, des policiers, et des prisons pour les faire valoir. Ces institutions de justice deviennent des outils d’injustice par la force des choses : les lois ne sont pas naturelles, mais obéissent à des lobbys de pouvoirs qui vont produire des fractures sociales surtout économiques qui s’approfondissent avec le temps dans une entropie de l’ordre au désordre et finalement au chaos inévitable. Le pouvoir doit avoir recours à la violence pour imposer l’ordre au désordre et au chaos. Ordre, désordre et chaos sont des essences de tout pouvoir !

– les insurrections : il est impossible de garder le pouvoir pour toujours par la violence, Ceci produit des cycles de révoltes, d’insurrections, et révolutions qui vont malheureusement non pas détruire le pouvoir, mais le reproduire dans des cycles de pouvoir et donc de violence perpétuelle qui emmènent à la catastrophe globale.

– les guerres externes : Il doit exporter ses problèmes internes à l’extérieur en créant des nationalismes, des ennemis, des haines, et des guerres. Il faut qu’il gagne ces guerres pour devenir un héros nationales sinon il perd tout.

La tragédie humaine continuera tant que l’État existe. L’histoire est une suite de violence qui nourrit plus de violence. La violence de l’État ne peut venir à bout du grand déluge de l’histoire avec la propagation des armes bactériologiques qui ne laisseront aucune trace de vie humaine sur terre alors que la Nature continuera son évolution.

État : Institutions systémiques du Pouvoir

« Nous n’avons point d’État. Nous avons des administrations. Ce que nous appelons la raison d’État, c’est la raison des bureaux. On nous dit qu’elle est auguste. En fait, elle permet à l’administration de cacher ses fautes et de les aggraver.”Anatole France.  L’Anneau d’améthyste

Le pouvoir s’exerce sur les citoyens à travers un gouvernement qui gouverne toutes les institutions de l’état : ses différents ministères de l’économie, santé, éducation, culture, justice, militaire … c’est avec le ministère de l’intérieur, ses juges, ses policiers, et ses prisons que se font la coercition au nom du peuple ! Le pouvoir répand son pouvoir non seulement dans toutes les structures étatiques, mais aussi dans toutes les relations entre les citoyens : la famille, l’administration, l’entreprise… L’État est le divin qui juge, condamne et récompense ! Pour neutraliser le pouvoir, il faut neutraliser les institutions systémiques régaliennes de l’État. Sans elles, le pouvoir ne peut plus s’exercer.

Tout système est conservateur. On le voit dans sa phobie sécuritaire et sa force de réprimande pour maintenir ses règles, ses lois, et ses ordres sous couvert de droits (démocratiques), de valeurs (libérales), et de civilisation (judéo-chrétienne) qu’il voudrait universelle.

L’État est une déraison de l’humanisme, une nullité de la politique, et une  insignifiance du sens esthétique. Il étand cette nullité, cette déraison, et cette insignifiance à toutes les sphères de la société : culture, éducation, économie …

L’état nous cultive dans une identité glorieuse dans un destin historique qui exige des sacrifices. L’enjeu de l’identité est un enjeu électoral ou le populiste fait la promotion de ses valeurs civilisées contre l’étranger barbare.

Il faut reconnaitre notre nature pour prendre conscience de ce que nous sommes et non pas de ce qu’on est devenu pour éviter ces violences chroniques qui sont arrivées à la lisière du chaos à cause des armes de destructions que peut posséder un groupe fanatisé dans une identité tragique.

Notre Civilisation est celle de la soumission à un État par la terreur de la peur et l’attraction du désir. La peur est cultivée à toutes les échelles humaines jusqu’au voisin de palier. L’angoisse va nous livrer à une soumission collective à une classe, association, ou confrérie pour plus de puissance.

Le système ne cherche qu’à dresser son troupeau en lui donnant tout ce qui est nécessaire pour son engraissement : nourriture, logement, santé, culture, plaisirs, drogues, et perversions dans des maisons closes. Il rentre dans notre conscience par effraction afin de nous manipuler de l’Intérieur. Il fait son servage de la naissance à la mort par ses institutions (cultures, éducations, etc.).

Notre conscience est noyée dans la masse qui suit l’État dans ses folies. L’histoire est remplie de fosses communes de purges, de génocides, et de guerres civiles.

Des guerres prédatrices perpétuelles se font pour redistribuer les ressources d’un groupe à un autre. Les raisons données au peuple sont la menace étrangère, la souveraineté nationale, les valeurs, et les raisons d’État. L’individu devient un citoyen avec des devoirs de payer ses taxes qui serviront à bâtir des polices et des armées de sa propre chair. Comment aimer un pays fondé sur des taxes injustes redistribuées aux riches au lieu consolider la solidarité sociale?

Les guerres renforcent le ciment du groupe avec des sentiments personnels qui se noient dans des sentiments communs ; orgueil, rage, honneur, fierté, etc. Ce sentiment commun dissout l’être et soude le groupe dans un destin étatique qui échappe au contrôle des individus.

La guerre se fait entre états, mais la haine doit être cultivée dans l’individu pour cimenter l’identité nationale. Le pouvoir, la violence et l’identité font l’histoire humaine. L’objet des révolutions n’a jamais été la destruction de l’état, mais sa reconduction sous une nouvelle autorité.

L’ère sanglante de la Bêtise étatique doit muter vers une ère paisible de la cognition humaine. Les civilisations sans projet futur et qui se sont renfermées sur elle-même sont condamnées à disparaître.

Résistance : Pacifisme, Insurrection, Révolte, et Révolution

«  le mot révolution, est un mot pour lequel vous tuez, pour lequel vous mourrez, pour lequel vous envoyez la masse travailleuse à leur mort, mais qui ne contient aucun contenue ». Simone Weil

Le peuple réagit par :

– des méthodes pacifiques comme des marches, des grèves, ou des désobéissances civiles. Le système a l’Art d’infiltrer et de dévier ces protestations pour les faire éteindre avec le temps. Il va emprisonner les leaders, diviser le peuple dans ces divisions connues : races, religions, idéologies, classes …

– une insurrection se fait par des insurgés quand l’État est à son paroxysme d’injustice et de violence. Il ne donne aucun choix de survie humaine à une grande majorité de la population. Le peuple n’a plus de choix qu’un soulèvement massif pour  renverser un pouvoir. En général, cela finit par un bain de sang car le pouvoir à la violence nécessaire pour mater le soulèvement. Il a l’armée qui peut aussi profiter pour utiliser sa violence pour faire un coup d’état et récupérer la frustration du peuple en décapitant l’ancien régime.

– une révolte désorganisée se fait par des protagonistes qui n’ont aucun plan commun sur les moyens de la révolte et surtout sur le projet de société. On détruit et après on se retrouve dans un vide qui peut être récupéré par les déchets qui vont ramener du désordre car ils n’ont aucune compétence pour gérer un pays et leur incompétence va entrainer les foules vers les fosses commune jusqu’a l’arrivé d’une dictature pour rétablir l’ordre …

– une révolution qui est une meute de chacals qui rugissent devant des lions. Le marxisme, le fascisme, ou le modernisme résultent du désir communautarisé de survie d’une classe qui veut prendre la place d’une autre. La bourgeoisie a détrôné la royauté en se servant de la classe du peuple en lui promettant l’illusion d’une démocratie de fraternité, d’égalité et de liberté. La révolution nous faisait rêver dans un progrès humain avec une justice sociale, une économie prospère, une liberté politique, une dignité humaine, et une paix interne et externe.

L’histoire nous apprend que les modèles de Malcom X et de Martin Luther King ont les deux échoués. Les deux ont été assassinés.

Le Tché s’est fait tué par la trahison du peuple, mais aussi et surtout de ses idées communistes.

Mandella a certes épargné a son peuple les dictature africaine, mais le pays est vite rentré dans la mondialisation  

Les modèles d’indépendance d’Afrique et du monde arabe qui se voulaient socialistes ont tous échoués dans des dictatures et des guerres civiles bestiales.

L’occident qui s’était déchiré dans des guerres de religion et ensuite d’Empire s’est retrouvé divisé dans une guerre froide idéologique entre capitalistes et socialistes qui ont faillit produire une extinction nucléaire de l’humanité.  

Le modèle révolutionnaire de l’union soviétique a éclaté surtout après sa guerre en Afghanistan. Il ne pouvait supporter des dépenses astronomiques dans cette guerre impossible à gagner contre le fanatisme du djihadisme. De ce monde idéologique communiste s’est crée la Russie et les pays de l’est qui sont tous rentré dans la mondialisation.

Le modèle des printemps arabe est une vraie tragédie car ces révolutions ne sont pas allées au bout de leur révolution en éradiquant complètement le système ; Une demi-révolution est toujours une tragédie car le virus revient avec une couche plus virulente que l’ancienne.  

La conclusion est que les modèles de violence et de pacifisme sont inadaptés à un pouvoir qui a la violence, la richesse, et l’intelligence pour les anéantir.

Il reste donc à la résistance de créer un nouvel Art de la résistance fondé sur une convergence cognitive qui a une conscience du nom de son bourreau ; l’État qu’elle doit :

– comprendre dans toutes les particules élémentaires.

– maitriser et comprendre les connaissances du présent.

– avoir une vision et projet futur pour l’humain, l’humanité et la nature  

lira la suite ; Chaomain-19 : II. Fondements d’un nouvel Art de la Résistance

A. Benmohammed, Chaomain-19 6. La Politique : Totalitarisme, Terrorisme, et Résistance

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